En tant que société de gestion spécialisée dans les actions européennes, le terrain de chasse de European Capital Partners est constitué de plus de 1 500 entreprises européennes cotées. Pour construire notre portefeuille final, il nous faut sélectionner, au sein de cet univers très large, entre 30 et 40 sociétés qui répondent à nos critères d’investissement tout en se négociant à une décote importante.
En ligne avec notre approche d’investissement « Value », notre attention se porte sur des sociétés de qualité dotées d’une forte capacité bénéficiaire sous-valorisée (« Earnings Power »).
Il n’y a pas de solution rapide qui permette de se faire une opinion éclairée sur la capacité bénéficiaire de chacune des entreprises inclues dans un univers aussi vaste et hétérogène en termes de secteurs et pays couverts. Dès lors, comme la plupart des sélectionneurs de titres et investisseurs value, nous utilisons des filtres quantitatifs qui nous permettent de restreindre notre univers à une taille plus raisonnable et de nous concentrer sur un nombre limité de candidats à l’investissement. Voici plus de 15 ans que j’applique cette philosophie « Entrepreneurial Value » fondée sur la capacité bénéficiaire et je n’ai de cesse d'affiner ces filtres afin de m’assurer qu’ils fournissent à tout moment les idées d’investissement les plus adaptées à notre approche.
Parmi les différents filtres que nous utilisons, celui se fondant sur le rendement du free cash-flow (free cash-flow yield) s’avère, au fil du temps, l’un des plus performants. Les flux de trésorerie disponible peuvent être définis de différente façon, la plus répandue étant :
liquidités – dépenses en capital.
Des flux de trésorerie disponibles positifs indiquent qu’une entreprise génère plus de liquidités que ce dont elle a besoin pour réaliser son activité, est moins dépendante des marchés financiers pour se financer ou encore peut investir dans des opportunités de croissance, payer un dividende ou racheter ses actions. Par ailleurs, le rendement des free cash-flows est généralement considéré comme une mesure de profitabilité plus fiable que les bénéfices qui varient en fonction des hypothèses comptables utilisées et sont potentiellement sujets à manipulation.
Une simple simulation, excluant les coûts de transactions, démontre la puissance de cette mesure de valorisation en Europe et ce sur différentes périodes. Ainsi, par exemple sur les 10 dernières années, le top 20% des sociétés dotées d’un rendement important des free cash-flows moins les 20% de sociétés dont le rendement des free cash-flows est le plus faible a généré un écart annualisé de 12,3%.
Source: Bloomberg, ECP. Les performances passées ne présagent pas des performances futures.
Bien que ce filtre fondé sur les rendements des free cash-flows soit un outil très performant, nous ne l’utilisons pas de manière exclusive et avons également recours, dans notre processus interne de génération d’idées, à d’autres outils propriétaires.
Ces différents filtres ne sont pas une fin en soi mais constituent une première étape dans notre processus de d’investissement.
Ils laissent ensuite la place à une analyse fondamentale approfondie qui vise à 1) identifier des sociétés de qualité dotées d’un avantage concurrentiel fort leur permettant de générer une forte rentabilité dans le futur, 2) éviter les pièges de valorisation qui peuvent surgir lorsque les décisions se fondent uniquement sur l’étude de simples ratios.
Au final, c’est ce pourquoi, en tant que gérants actifs, nous recevons des frais de gestion.