En tant qu’investisseur “bottom-up” value, nous ne pensons pas avoir l’expertise suffisante pour prévoir adéquatement la direction future du prix du pétrole. En effet, les facteurs qui influencent l’offre et la demande de l’or noir sont très complexes : comment pouvons-nous faire des hypothèses valables concernant les prochaines décisions de l’OPEP, leur capacité à baisser la production, les éventuelles tensions géopolitiques, l’offre en gaz de schiste, les stocks, la rudesse de l’hiver ou encore le succès des énergies alternatives ?
Dès lors,
pourquoi investissons-nous tout de même dans le secteur de l’Energie ? Parce que nous pensons que l
e succès d’une thèse d’investissement dans ce secteur n’est pas automatiquement lié à la prévision correcte du prix du pétrole mais qu’il est également possible d’aborder ce secteur sous un angle différent : au lieu de construire notre thèse d’investissement sur des hypothèses quant à l’évolution du cours du pétrole, nous cherchons à identifier les sociétés dont le modèle économique est faiblement dépendant de ces prix.
En ligne avec cette approche, nos idées d’investissement actuelles proviennent toutes du segment des fournisseurs de services à l’industrie pétrolière et gazière et, au sein de ce segment, nous préférons ne pas nous exposer aux sociétés qui sont en première ligne et dépendent uniquement du niveau d’activité de l’exploration pétrolière. Ainsi, nous évitons non seulement les sociétés d’exploration et production (E&P) mais également les fournisseurs de services à ces sociétés E&P, comme par exemple, les sociétés sismiques.
Nous concentrons plutôt notre attention sur deux types de sociétés pétrolières.
- Premièrement, les sociétés fournissant des produits et services liés aux dépenses d’exploitation des grandes sociétés pétrolières. En d’autres termes, pour poursuivre leur production et continuer à pomper du pétrole, les majors pétrolières doivent en permanence investir dans ces services de sorte que, même en fin de cycle, ces fournisseurs vont encore enregistrer des commandes et afficher un certain niveau de capacité bénéficiaire. Wood Group est un bon exemple de ce type de société.
- Ensuite, nous apprécions les fournisseurs de services pétroliers qui disposent d’un avantage concurrentiel indéniable qui rend leurs produits ou services incontournables. Ainsi, par exemple, Subsea7 qui est l’un des trois premiers acteurs mondiaux de l’installation sous-marine. Toute entreprise, qu’il s’agisse d’une multinationale ou d’une compagnie pétrolière nationale, aura tôt ou tard besoin de ces services si elle veut exploiter du pétrole en haute mer.
Indépendamment du prix du pétrole qui, après avoir atteint des niveaux planchers, a largement rebondi, nous pensons que les astres sont actuellement alignés pour le secteur des services pétroliers.
Source: Bloomberg
En effet, après 4 années de sous-investissement, le cycle s’améliore tandis que la demande en pétrole et l’épuisement des puits se poursuivent. Cela signifie donc que les carnets de commande des sociétés que nous suivons se remplissent à nouveau. Nous concentrons notre attention sur des sociétés dotées de bilan solides et dont les valorisations sont très basses. Par exemple, 14,8% de la capitalisation boursière de Subsea7 est en liquidité tandis que la société se négocient à 4,8x VE/EBITDA (valeur économique / EBITDA). La société a ainsi continué à générer du cash tout au long du creux du cycle. Nous sommes convaincus que,
maintenant que les majors pétrolières recommencent à dépenser, ce potentiel de capacité bénéficiaire est clairement sous-valorisé.