Friday Morning Coffee Nr 32: Fin de partie

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Friday Morning Coffee Nr 32: Fin de partie

Alors que je rédige cette chronique ce jeudi en fin d’après-midi, les nouvelles sur le Brexit se succèdent dans les médias. La livre sterling est en baisse de 1,6% contre l’euro et la bourse britannique accuse le coup avec une baisse sur la journée de 1,7% pour le FTSE250. Dominic Raab, le secrétaire au Brexit au sein du gouvernement britannique a annoncé sa démission ce matin. Des rumeurs font état d’un vote de méfiance contre May à un moment où les chances de voir le texte sur le Brexit validé par le Parlement sont extrêmement faibles. Le gouvernement actuel va-t-il survivre à cette crise ? Difficile à dire. Un accord sur le Brexit sera-t-il possible ? Difficile à dire. Que va-t-il se passer ensuite ? Il est également difficile de dire quel scénario va se mettre en place.   Certains investisseurs ont déjà choisi leur camp. Selon un article dans le Financial Times (Lex Column) publié la semaine passée, Steve Eisman parie sur la chute des actions britanniques. La réputation mondiale de Steve Eisman s’est fait grâce au film « The Big Short ». Il est en effet le gérant de Hedge Fund américain qui s’est enrichi en devenant l’un des premiers à vendre à découvert les sub-primes américains avant la crise financière. Selon nous, il y a cependant deux distinctions majeures entre la vente à découvert d’obligations sub-primes américaines avant 2008 et la vente à découvert, aujourd’hui, du marché britanniques des actions.
  1. Il existe une différence entre vendre à découvert un instrument financier spécifique et à l’époque largement utilisé et vendre à découvert une nation. L’économie britannique continue de croître et les entreprises produisent de la capacité bénéficiaire tandis que les sub-primes étaient des constructions financières bancales offrant peu ou pas de garantie.
  2. Lorsque M. Eisman a décidé de vendre à découvert les obligations sub-primes américaines, ces dernières étaient très chères, du moins par rapport à leur risque. On ne peut pas en dire autant des sociétés britanniques. Comme le montre le graphique ci-dessous, qui compare le ratio cours/valeur comptable du FTSE100 et du S&P500, le marché britannique des actions se négocie actuellement avec une décote par rapport au marché américain ; ainsi, les sociétés britanniques n’ont jamais été aussi abordables depuis 2008.
Source: Bloomberg Actuellement, notre stratégie européenne est exposée à hauteur de 25,2% à la Grande-Bretagne, ce qui est légèrement inférieur au marché (représenté par le MSCI Europe) mais supérieur à la situation en début d’année (14,8%). En effet, grâce à nos outils de screening, nous avons identifié un certain nombre de nouvelles opportunités d’investissement qui, finalement, ont passé avec succès notre processus d’analyse en 8 étapes et offraient une marge de sécurité de 40%. Nous pouvons citer Domino’s Pizza, Kier Group, Mccarthy & Stones, Superdry et Shire Pharmaceuticals. Ces sociétés ne vont pas disparaître du jour au lendemain et se négocient actuellement à des valorisations attractives. En tant que sélectionneurs de titres, nous préférons ne pas faire de prédictions économiques ou politiques. Cependant, nous sommes convaincus que, comme cela s’est fait dans le passé, la Grande-Bretagne finira par agir dans son propre intérêt économique et trouvera une solution viable avec son principal partenaire économique, l’Union européenne. Entretemps, le BIP britannique continue de croître ainsi que les dépenses publiques. Nous préférons rester exposés à la capacité bénéficiaire britannique sous-valorisée, indépendamment des discussions houleuses qui se déroulent actuellement au 10 Downing Street.