Lors de la réunion annuelle des actionnaires de Berkshire Hathaway en 1994, Warren Buffett à déclarer ce qui suit à propos des tentatives d’anticiper le marché : «
Je n’ai jamais d’opinion sur le marché car cela ne servirait à rien et pourrait interférer sur les opinions que nous avons et qui s’avèrent bonnes ».
Cette citation résonne en nous alors que nous écrivons cette chronique au lendemain du commentaire, perçu comme optimiste, du Président de la Réserve fédérale qui a provoqué une hausse de 2,5% du Dow Jones dans la soirée de mercredi. Nous nous demandons si l’Europe fera de même ce jeudi matin ou si les investisseurs vont être effrayés par l’analyse pessimiste du Brexit faite par la Banque d’Angleterre.
Nous devons reconnaître que nous ne sommes pas compétents pour prédire ce qu’il en sera à la clôture des marchés européens ce jeudi. A
vec plus de 20 ans d’expérience en tant qu’investisseur actif, je suis personnellement convaincu qu’il est vain de tenter de positionner les portefeuilles correctement sur le marché avec une vue de court terme alors que tout peut arriver. En d’autres mots, le market timing ne fonctionne pas, spécialement si nous prenons en compte les coûts de transaction. Les changes d’adopter le timing adéquat sont en effet extrêmement faible par rapport aux chances d’avoir raison ; en d’autres mots, le rapport risque-bénéfice n’est pas convaincant.
Dans le graphique ci-dessous, nous analysons la performance des marchés européens sur les 10 dernières années telle que représentée par l’évolution du STOXX Europe 600 (Price Index dividendes exclus).
Source: Bloomberg, ECP. Données du 28/11/2008 au 28/11/2018. Les performances passées ne présagent pas des performances futures.
Le portefeuille d’un investisseur à long terme est représenté par la courbe bleue: en restant totalement investi, sa mise initiale de 100 euros aura atteint 173 euros une décennie après la crise financière.
Notre deuxième investisseur est un « trader star » qui, grâce à son expérience de trader, s’est tenu à l’écart des marchés à chacun des 10 pires jours des 10 dernières années. L’un des pires jours s’est produit en 2008, deux en 2009, quatre autres en 2011, un en 2015 et les deux derniers en 2016. Durant ces jours, il était à son bureau, totalement concentré et s’est retiré à chaque fois du marché (sans frais de transaction) pour y revenir le jour suivant.
Quelles sont les chances d’avoir le bon timing 10 fois sur une période de 10 ans ? J’ai demandé à notre spécialiste de la statistique chez ECP, notre contrôleur des risques, Thierry Klaa, de calculer cette probabilité. Selon lui,
la probabilité est inférieure à une chance sur 139 838 160 de remporter ce jackpot de l’Euromillion !
De l’autre côté, le coût est énorme si notre trader vedette se trompe. Imaginez la situation regrettable où il décide de se retirer les 10 jours les plus performants. La mise initiale de 100 euros ne vaudrait alors que 109 euros après 10 ans (c’est ce que représente la courbe verte).
Le market timing ne fait pas partie des compétences d’ECP. Nous investissons, avec un horizon de 4 à 5 ans, dans des sociétés que nous considérons comme sous-valorisées. Dans notre stratégie, nous cherchons à exploiter la volatilité du marché pour identifier les nouvelles opportunités d’investissement que nous offre le marché. Il s’agit là d’une approche radicalement différente que d’essayer de se battre contre les probabilités en faisant du market timing.
Nous préférons nous concentrer sur les fondamentaux des entreprises plutôt que de perdre un temps précieux à tenter de prédire les mouvements à court terme des marchés boursiers.