Vers une normalisation du contexte de marché ?

090218 Market Commentary

Vers une normalisation du contexte de marché ?

Dans notre dernier rapport trimestriel, nous faisions état de notre conviction que, tôt ou tard, la volatilité devrait opérer une remontée et que, la croissance économique se confirmant, les banques centrales devraient mettre progressivement un terme à une décennie de politique monétaire ultra-accommodante. Ce que nous n’avions pas anticipé, comme d’ailleurs la majorité des acteurs de marché c’est que le retour de balancier se ferait aussi rapidement et avec une telle amplitude sur le marché américain.  

Une correction plus technique que fondamentale

  Concrètement, après un début d’année (trop) euphorique, les marchés actions américains se sont littéralement effondrés ; le S&P 500 perdant ainsi plus de 10% entre le 26 janvier et le 6 février. Par effet de contagion, les bourses européennes ont suivi la tendance même si dans une amplitude moindre. Cette correction trouve son origine dans des craintes quant à une surchauffe de l’économie américaine (stimulée par une nouvelle réforme fiscale et une hausse attendue des dépenses publiques), au spectre de l’inflation (illustrée par la forte croissance des salaires aux Etats-Unis) et à la manière dont le nouveau Président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, va gérer la sortie progressive d’une période prolongée de taux très bas. Et en effet, nous assistons à une hausse des taux qui se traduit notamment par une augmentation des rendements des obligations d’Etat américaines à 10 ans qui sont passés de 2,4% en début d’année à 2,8%. La même tendance s’observe également en Europe avec une hausse des rendements des obligations gouvernementales allemande à 10 ans.   Source: Bloomberg   Cette baisse a été largement amplifiée par des facteurs techniques, liés aux nombreuses stratégies d’investissement mises en place pour profiter de la faible volatilité en vigueur jusqu’à alors. Ainsi, les investisseurs ont été obligés de racheter d’importantes positions à découvert sur l’indice de volatilité (VIX).   Source: Bloomberg   Quel impact sur nos stratégies d’investissement ?   La baisse a affecté notre stratégie « Core » mais dans une ampleur légèrement plus faible que le marché (-4.84% contre -5.45% pour le MSCI Europe Net Return du 31 janvier au 8 février 2018 et -1.59% contre -2.12% du 5 au 8 février)[1]. Notre modèle propriétaire de couverture ayant détecté une hausse de la volatilité, l’exposition nette de notre portefeuille hedgé a été réduite le 5 février à 22,9% ce qui a permet à notre stratégie hedgée d’amortir la baisse. Ainsi, il a généré une performance de -1.27% depuis le début du mois de février et est même parvenu à générer une performance légèrement positive (+0.17%) depuis le début de cette semaine[2].  

Et maintenant ?

  Fondamentalement, l’environnement reste le même. La croissance économique mondiale est solide même si les Etats-Unis sont probablement plus avancés dans le cycle. En Europe, les valorisations restent raisonnables et la saison de résultats s’annoncent positives. Ce qui se passe, tant au niveau des taux d’intérêt que de la volatilité n’est finalement que la conséquence logique d’une normalisation de l’environnement de marché suite à un retour de la croissance après des années de vache maigre. Le maintien des taux d’intérêt à des niveaux planchers ne se justifient plus ! Nous sommes confiants dans la capacité des Banques centrales d’opérer cette transition de façon progressive afin de ne pas casser la croissance. Nous pensons également que les investisseurs devront s’adapter à un marché plus volatil ; ceux ne souhaitant pas en assumer les risques devront dès lors s’orienter vers des stratégies offrant des possibilités de réduire la volatilité et le risque de baisse.   En termes de positionnement dans le portefeuille, l’environnement actuel offre d’innombrables opportunités pour des « stock pickers » comme nous mais il recèle aussi des dangers. Nous cherchons à investir dans des sociétés combinant les caractéristiques suivantes : business stable, bilan sain et valorisation faible. Or, il est désormais difficile d’identifier des sociétés de qualité faiblement valorisées. Cet état de fait se traduit dans le portefeuille par une diminution progressive des sociétés cycliques qui se sont fortement appréciées au cours des derniers mois et offrent maintenant un faible potentiel de hausse au regard du risque élevé de prise de bénéfices en cas de résultats décevants. Nous réinvestissons le solde dans des sociétés délaissées telles que G4S, Ontex, Kier Group ou encore Mc Carthy and Stone.   [1] Source: ECP, Bloomberg. Performances de ECP Flagship European Value A EUR. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Merci de vous référer à la notice légale dans le document PDF. [2] Source: ECP, Bloomberg. Performances de ECP Flagship European Value  Hedged A EUR. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Merci de vous référer à la notice légale dans le document PDF.